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La piétonnisation ne vide pas les centres-villes. Sur quatre ans de fréquentation mesurée à Grenoble, Bordeaux et Lyon, aucune des trois zones piétonnisées n'a perdu de visiteurs. Grenoble, la plus ancienne des trois, en a gagné 21,3 %.
Le débat français sur la piétonnisation tourne presque toujours sur du déclaratif : sondages de commerçants, perceptions d'usagers, parts modales estimées. Cette étude fait autre chose. Elle compte les passages réels, avant et après, dans trois centres-villes administrés par des maires écologistes.
Grenoble a piétonnisé les places Sainte-Claire et Notre-Dame en mai 2021. Bordeaux a étendu sa zone piétonne de 40 à 65 hectares en 2022-2023. Lyon a mis en service la ZTL de la Presqu'île en juin 2025. Trois niveaux de maturité pour une même politique, ce qui permet de la lire à trois âges différents.
Les résultats : +21,3 % de fréquentation à Grenoble, +2,7 % sur l'hyper centre de Bordeaux, +0,6 % sur la zone Victor Hugo à Lyon, un an après la ZTL.
C'est le vrai enseignement. Plus la politique est ancienne et accompagnée (réseau cyclable, zone 30, végétalisation, transports), plus la fréquentation monte. Lyon n'est pas un contre-exemple, c'est une ville au début de la courbe que Grenoble a déjà parcourue.
Le rapport complet, réalisé par Matthieu Schrobiltgen avec les données Gini by MyTraffic, est disponible sur cette page. Quatre ans de données, trois villes, et de quoi arbitrer un projet de piétonnisation sur des chiffres plutôt que sur des convictions.

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